Recrutement d’enfants en Somalie

Les forces fédérales de défense et de police somaliennes (anciennement dénommées “armée nationale somalienne”) sont énumérées dans les annexes du dernier rapport annuel du Secrétaire général (2020) sur les enfants et les conflits armés (CAAC) pour le recrutement et l’utilisation d’enfants dans les conflits, ainsi que le meurtre et les mutilations. Ahl al-Sunna wal-Jama’a (ASWJ) figure sur la liste pour le recrutement et l’utilisation d’enfants soldats, et Al Shabaab figure sur la liste pour les cinq violations “les plus graves”.

Ce que les autres acteurs ont fait pour contenir le recrutement d’enfants en Somalie:

 

En octobre 2019, le gouvernement fédéral de Somalie (FGS) a renouvelé son engagement à mettre fin au recrutement et à l’utilisation d’enfants soldats en signant une feuille de route détaillant les mesures et les actions pratiques pour prévenir les violations contre les enfants, libérer les enfants associés aux forces armées et les réintégrer dans les communautés. Le ministre fédéral de la défense de la Somalie a représenté le FGS lors de la signature de l’accord. Il s’est engagé à ce que le FGS mette fin aux violations des droits de l’enfant, y compris le recrutement forcé.

Les Nations Unies et les organisations de la société civile se sont engagés à soutenir ce plan afin que dans toute la Somalie, dans toutes les régions, tous les responsables de l’application des lois, tous les membres de toutes les forces armées soient les premiers à protéger les enfants contre les violations.

Une action spécifique est précisée :

 
  • L’évaluation, le filtrage, le renforcement des capacités et la garantie que les enfants capturés, ou qui se sont échappés, ou les enfants qui sont libérés de quelque manière que ce soit, recevront également les besoins de réadaptation et de réinsertion qu’ils méritent et auxquels ils ont droit en tant que victimes.
  • En 2012, la Somalie et les Nations Unies ont signé un pacte visant à protéger les enfants contre le recrutement et l’utilisation par l’armée et à garantir la protection des enfants contre les meurtres et les blessures.

Selon le rapport du Secrétaire général des Nations Unies sur les enfants et les conflits armés publié en juin 2020, il a été vérifié que les groupes armés et les forces de sécurité gouvernementales en Somalie ont recruté et utilisé de force dans le conflit 1 442 garçons et 53 filles, dont certains n’avaient que 8 ans.

Al-Shabaab a recruté 1 169 enfants, ce qui représente le plus grand nombre de recrutements d’enfants, suivi par les forces de sécurité gouvernementales, notamment la police somalienne (100) et l’armée nationale somalienne (74) ; et les forces régionales, notamment les forces du Puntland (40), les forces de Galmudug (30), les forces de Jubbaland (19), la police de Galmudug (4) et la police de Jubbaland (1). Des violations ont également été attribuées aux milices claniques (56) et aux milices de l’Ouest (2).

Selon le dernier rapport périodique du Secrétaire général des Nations Unies datant de novembre 2020 (S/2020/1113), l’Équipe spéciale de surveillance et de communication de l’information (CTFMR) a documenté 945 violations graves touchant 1 254 enfants (1 017 garçons, 237 filles), 11 attaques contre des écoles, une attaque contre un hôpital et un incident de refus d’accès humanitaire entre le 5 août et le 4 novembre 2020. 

Les violences sexuelles liées au conflit ont touché 66 enfants (2 garçons, 64 filles) pendant la période considérée. Au total, 543 enfants ont été enlevés, 288 ont été victimes de meurtres et de mutilations, 601 ont été victimes de recrutement et d’utilisation et 146 ont été victimes de violences sexuelles liées au conflit. 

Les violations ont été attribuées à Al-Shabaab (74,3 %), à des éléments armés inconnus (12,5 %), à des milices claniques (4,35 %) et aux forces armées fédérales et des États (8,9 %). Au total, 32 incidents de privation de liberté touchant 69 garçons et 1 fille ont été enregistrés, 19 garçons et 1 fille étant détenus par les forces de l’État du Jubbaland, 30 garçons par la police somalienne, 13 garçons par l’armée nationale somalienne, 3 garçons par la police du Jubbaland et 2 garçons par les forces de l’État et de la police du Puntland.

Un projet de 2 millions de dollars pour la réinsertion des anciens enfants soldats

 

Une autre contribution notable des Nations Unies a été apportée à Baidoa, la capitale de l’État du Sud-Ouest (ESO), où l’ONU a annoncé le lancement d’un projet de 2 millions de dollars du Fonds pour la consolidation de la paix, destiné à soutenir la prévention contre le recrutement des enfants et pour la réintégration des enfants anciennement associés aux forces et groupes armés. Le projet vise à agir en amont en renforçant la prévention, en contrôlant les forces de sécurité somaliennes, y compris les forces régionales, pour s’assurer qu’il n’y a pas d’enfants dans leurs rangs, libérer ceux qui ont été identifiés, les réhabiliter et les réintégrer. Les Nations Unies ont souligné leur engagement et celui de leurs partenaires internationaux à prévenir toutes les formes de violations à l’encontre des enfants. Les Nations Unies ont lancé une campagne contre les violations des droits de l’enfant et ont élaboré des plans pour sensibiliser les enfants.

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