Violence envers les enfants

«Toutes formes de violence physique ou mentale» ne laissent place à aucun niveau de violence légalisée envers les enfants. La fréquence, la gravité et l’intention de nuire ne sont pas des conditions préalables pour la définition de la violence […] Les États membres doivent établir des normes nationales relatives au bien-être, à la santé et au développement de l’enfant, l’objectif ultime de la prise en charge et de la protection de l’enfant. (art. 19.1 UNCRC, CG 13)

La violence est une épidémie mondiale et une réalité quotidienne regrettable pour des millions d’enfants. Ces derniers de tout âge, de sexe confondu, de tous les contextes sociaux et de toutes les nationalités sont battus, agressés sexuellement, torturés et même tués. La violence se déroule chez eux et dans leurs familles, écoles, institutions, lieux de travail et communautés. Les auteurs sont souvent ceux qui leurs sont proches à l’instar de leurs parents, tuteurs, enseignants, employeurs, la police et les forces de sécurité or ces individus sont censés les protéger.

La violence à l’égard des enfants demeure un problème fondamental et transversal. DEI mène permanemment des actions visant à prévenir et à lutter contre la violence faite aux enfants dans tous les contextes, en particulier dans le domaine de la justice et plus récemment en mettant un accent sur la violence sexiste.

DEI a été un partenaire majeur dans la collaboration avec des ONG pour le plaidoyer en faveur de l’étude sur la violence envers les enfants en 2006 et sa pérennisation. DEI-SI contribue régulièrement aux travaux du RSSG sur la violence et les enfants. De même, DEI-SI est un membre actif du réseau de défense des droits de l’enfant et de la violence. Ce groupe a pour objectif de joindre ses efforts pour plaider en faveur de l’éradication de la violence envers les enfants avec le mécanisme et les organes des droits de l’Homme des Nations Unies à Genève et veiller à la mise en œuvre des objectifs de développement durable, en particulier la cible 16.2 visant à mettre fin aux abus, à l’exploitation, à la traite, au trafic et toutes formes de violence et de torture à l’égard des enfants. DEI-SI est également membre du Plaidoyer pour l’éradication de la violence envers les enfants et du Conseil international de l’ONG sur la violence faite aux enfants.

L’adoption d’instruments juridiques a connu une avancée, mais certaines des pires formes de violence demeurent légales dans le monde et certaines estimations indiquent qu’au moins un milliard d’enfants subissent chaque année une autre forme de violence (confère: Conseil international des ONG sur la violence envers les enfants, 10 ans après: Avancées et retard dans l’éradication de la violence envers les enfants – La rhétorique et la réalité, novembre 2016).

DEI ne se lassera de plaider à tous les niveaux en faveur de l’éradication de la violence envers les enfants, qui restera l’une de ses thématiques prioritaires à tous les niveaux de la mise en œuvre. Pour obtenir des résultats concrets dans l’éradication de la violence envers les enfants, DEI se focalise sur:

  • Plaidoyer et lobby auprès des organes de traités des droits de l’Homme, du Conseil des droits de l’Homme et de ses mécanismes en vue de l’éradication de toutes les formes de violence envers les enfants à l’échelle internationale, par le biais de réunions avec les mandataires au titre de la procédure spéciale du HCDH, de déclarations verbales et écrites, rapports alternatifs à l’Examen périodique universel (EPU), etc.
  • Sensibiliser et influer les gouvernements à donner suite aux recommandations formulées dans l’étude des Nations Unies sur la violence envers les enfants, à l’échelle internationale, et renforcer les capacités de nos sections nationales dans leurs activités de plaidoirie tant à l’échelle régionale que nationale.
  • Sensibilisation à la dénonciation de la violence envers les enfants par la rédaction de rapports thématiques et de lettres d’information.

Notre enjeux en 2017 

A l’échelle nationale, les sections de DEI travaillent en étroite collaboration avec des enfants victimes de violence, maltraitance, exploitation et exclusion, ainsi qu’avec les enfants défavorisés et ayant besoin de protection. En 2017, DEI dans sa sphère mondiale – des Amériques, de l’Afrique et de la région MENA et l’Europe a soutenu les enfants victimes de violences telles que la violence communautaire, l’abus sexuelle à des fins commerciales, le trafic, la violence en ligne, le travail des enfants et la violence sexiste.

A l’échelle nationale, les sections de DEI travaillent étroitement avec des enfants victimes de violence dans le cadre de divers projets, programmes et activités, notamment en apportant une assistance directe, un renforcement des capacités, une sensibilisation et un plaidoyer. En Colombie, en guise d’exemple, DEI veille sur des cas de violence sexuelle envers de filles autochtones, tandis qu’au Costa Rica, DEI mène ses activités sur la lutte contre le travail des enfants dans l’industrie du tabac. De même, DEI au Liban offre des formations aux métiers et des programmes d’éducation pour améliorer les conditions de vie des enfants qui travaillent dans les pires formes de travail ou qui risquent de l’être. DEI au Libéria apporte un soutien psychosocial et des services d’écoute aux enfants victimes de violence.

Pour amples informations vis-à-vis de nos enjeux dans la lutte contre la violence envers les enfants, bien vouloir lire notre rapport annuel 2017 ici.

Travail des enfants

 

Les États membres reconnaissent le droit de l’enfant d’être protégé de l’exploitation économique et d’effectuer tout travail susceptible de constituer un danger, de nuire à son éducation ou de nuire à sa santé physique, mentale, spirituelle,  morale ou développement de la petite enfance. (art. 32.1 CDE)

Le travail de l’enfant et l’accès à l’éducation constituent un grave problème dans bon nombre de pays dans lesquels DEI officine. DEI estime que toute initiative visant à mettre fin au travail de l’enfant doit s’attaquer à ses causes profondes, telles que la pauvreté, et mettre un accent sur le droit à l’éducation.

Dans le monde entier, les écarts accrus entre riches et pauvres au cours des dernières décennies ont forcé des millions de jeunes enfants à quitter l’école et à travailler. L’Organisation Internationale du Travail estime que 218 millions d’enfants âgés de 5 à 17 ans travaillent actuellement dans des conditions considérées illégales, dangereuses ou extrêmement abusives. Les mineurs ont des emplois précaires dans divers pays dans le monde, généralement parce qu’ils sont issus des familles extrêmement pauvres. Un grand nombre d’enfants travaillent dans l’agriculture commerciale, la pêche, la fabrication, les mines et les travaux domestiques. Certains enfants travaillent dans des activités illicites telles que le commerce de la drogue et la prostitution ou d’autres activités traumatisantes telles que le fait d’être soldats.

Auparavant, DEI avait organisé une Campagne pour l’inclusion scolaire afin de résoudre le problème intitulé Pas d’enfants sans éducation: nous pouvons tous faire la différence. L’objectif de la campagne était de garantir que 100% d’enfants et d’adolescents d’âge scolaire qui travaillent exercent effectivement leur droit à une éducation complète et de qualité.

 

Notre enjeux en 2017

Au Burkina Faso, DEI lutte contre les pires formes de travail des enfants dans les zones aurifères de la région centre-nord et vise à permettre la réintégration socio-économique et éducative des enfants dans leurs villages d’origine. DEI-Liban à travers le projet New Start vise à améliorer les conditions de vie des enfants qui travaillent dans des environnements à haut risque et d’autres formes dégradantes de travail. En 2017, 900 enfants ont reçu une formation en alphabétisation, en arithmétiques, en citoyenneté et en droits de l’homme. 200 enfants ont été inscrits à des cours de formation professionnelle; 10 animateurs ont participé à un atelier de formation sur la conduite d’activités structurées de soutien psychosocial et récréatif; 12 travailleurs sociaux ont été formés aux conventions internationales relatives aux pires formes de travail des enfants et au droit du travail libanais; et 150 parents d’enfants travailleurs ont été sensibilisés aux droits de l’enfant, à la protection de l’enfant et au droit du travail.

Dans les Amériques, DEI-Costa Rica, dans le cadre du programme «EEMPATA: Enseignement et formation para-adolescentes féminines en agriculture», continue d’accompagner les enfants et les adolescents dans les zones de production de tabac par le biais de la formation professionnelle en milieu rural.

 

Traffic d’enfants

 

Les États membres prennent toutes les mesures nationales, bilatérales et multilatérales appropriées pour empêcher l’enlèvement, la vente ou le trafic d’enfants à quelque fin que ce soit et sous quelque forme que ce soit. (Art. 35 de la CDE) a) On entend par trafic d’enfants tout acte ou transaction par lequel une personne ou un groupe de personnes transfèrent un enfant pour une rémunération ou toute autre contrepartie; b) On entend par prostitution des enfants l’utilisation d’un enfant dans des activités sexuelles contre rémunération ou toute autre forme de contrepartie; c) Pornographie mettant en scène des enfants: toute représentation, par quelque moyen que ce soit, d’un enfant qui se livre à des activités sexuelles explicites, réelles ou simulées, ou toute représentation des parties sexuelles d’un enfant à des fins principalement sexuelles […] Les États membres interdisent le trafic d’enfants, prostitution des enfants et pornographie mettant en scène des enfants, conformément au présent Protocole. (art. 2 et 1 du Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l’enfant, concernant le trafic d’enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants).

Le trafic d’enfants implique de traiter les enfants comme un objet d’exploitation. C’est non seulement une violation de leurs droits humains et de leur bien-être, mais cela leur empêche également de réaliser tout leur potentiel. On estime que plus de 1,2 million d’enfants font l’objet d’un trafic chaque année.

Les enfants qui ont été exploités ont besoin de protection. Protéger les enfants victimes du trafic implique de les placer dans un environnement serein et convivial, de leur fournir des soins de santé, un soutien psychosocial et d’autres services sociaux, ainsi que de les aider à se réinsérer dans leur famille et dans la communauté (s’il est prouvé que c’est dans leur intérêt).

DEI promeut et protège de façon pérenne les droits des enfants à l’échelle internationale. Le Secrétariat International s’occupe des problèmes liés au trafic et s’engage directement avec le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la traite. Le Secrétariat s’occupe aussi implicitement des enfants impliqués dans la traite, dont plusieurs finissent par être privés de liberté.

 

Notre enjeu en 2017

Entre avril et août 2017, DEI a fourni un appui technique et logistique aux pays de l’Union du fleuve Mano partageant des frontières communes, en particulier la Guinée, la Sierra Leone et le Libéria, afin d’élaborer des procédures opérationnelles normalisées à l’intention des agents de sécurité des frontières, des dirigeants communautaires et organisations de la société civile (OSC) en matière de prévention et de lutte contre le trafic transfrontalier des enfants. Dans le cadre de cette procédure, DEI a collaboré avec des responsables de maintien de l’ordre, dont INTERPOL, pour traquer avec succès deux auteurs de trafic d’enfants.

Protéger les enfants en ligne

DEI-Maurice, conjointement avec d’autres ONG locales, ont organisé le «Colloque de Maurice sur la cybercriminalité et le trafic d’enfants» pour promouvoir la connaissance et la compréhension sur la manière de protéger les enfants en ligne.