Violence envers les enfants

La Représentante du Secrétaire Général des Nations Unis chargée de la question de Violence à l’Encontre des Enfants (RSSG VEE), rapporte que près d’1 Milliard d’enfants, soit la moitié du nombre d’enfants dans le monde, subissent une forme de violence. Ces violences ont souvent lieu dans des endroits où les enfants s’attendent à être en sécurité, tels que les écoles ou chez eux, et par des individus de leur entourage, parents, tuteurs, enseignants, employeurs, la police mais aussi les forces de sécurité. Différentes formes de violences demeurent à ce jour légales ou tolérée, dans de nombreux pays, continuant ainsi d’être fondamentalement, un enjeu transversal et d’ampleur mondial.

DEI s’engage activement, régionalement et internationalement, dans la défense pour l’élimination effective des violences à l’encontre des enfants. Son activité s’appuie notamment sur l’Article 19 de la Convention relative aux droits de l’enfant de l’ONU ainsi que le  Comité des Droits de l’Enfant (CRC) Observation Générale No. 13 sur le droit de l’enfant d’être protégé de toutes les formes de violence. Afin de renforcer notre Cadre Stratégique, nous avons travaillé étroitement avec Maria Santos Pais, membre du comité de rédaction de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’Enfant (CNUDE), durant ses dix années de mandat en tant que RSSG VEE de 2009 à 2019. Dr Najat Maalla M’jid, lui a ensuite succédé. Fondatrice de DEI-Maroc (Bayti), Dr M’jid représente la reconnaissance significative de DEI et de notre travail.

Toutes formes de violence physique ou mentale » ne laissent place à aucun niveau de violence légalisée envers les enfants. La fréquence, la gravité et l’intention de nuire ne sont pas des conditions préalables pour la définition de la violence […] Les États membres doivent établir des normes nationales relatives au bien-être, à la santé et au développement de l’enfant, l’objectif ultime de la prise en charge et de la protection de l’enfant. »

(art. 19.1 UNCRC, GC 13)

En outre, une surveillance de terrain régulière est organisée par nos sections nationales, afin d’identifier les enfants en situations vulnérables, ce qui permet à DEI de suivre les abus massifs, tels que la traite des enfants et la violence basée sur le genre.  Adaptée aux besoins de l’enfant, leur réponse inclue habituellement un soutien psychosocial individuel ainsi que des programmes d’éducation. Une partie de notre travail implique la lutte pour la mise en œuvre dans chacune de nos sections nationales du Protocol Facultatif à la Convention Relative aux Droits de l’Enfant, concernant la vente d’enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants.

Alors que des avancées ont été faites dans l’adoption de dispositifs juridiques, les violences à l’encontre des enfants demeurent une réalité endémique quotidienne pour des millions d’enfants. C’est pourquoi il continuera d’être l’une des priorités thématiques de DEI, à tous les niveaux de mise en œuvre.  (Voir: International NGO Council on Violence Against Children, 10 years on: Global Progress and Delay in Ending Violence Against Children – Rhetoric and the Reality, November 2016)

Afin d’atteindre des résultats concrets dans l’éradication des violences à l’encontre des enfants, DEI se concentre sur une sensibilisation fondée sur des données factuelles au travers de déclarations orales et écrites, du renforcement des capacités des acteurs de la société civile, de rapports d’Examen Périodique Universel (EPU), ainsi que des campagnes et des appels à l’action dirigés vers les gouvernements. Afin de défier les normes sociales et de valoriser les enfants, les filles en particulier, DEI fait le choix d’une perspective basée sur le genre dans la mise en œuvre de programmes innovants tels que l’Alliance de Plaidoyer pour le Filles (égalité des Sexes).

 

Ayant mené une campagne pour la réduction des lacunes dans la collecte des données du respect des droits fondamentaux des enfants privés de liberté, DEI a co-organisé Le Panel d’ONG durant la réalisation de l’Étude Mondiale sur les Enfants Privés de Liberté. Cette dernière a officiellement débuté en 2017 et a été pilotée par l’Expert Indépendant; Manfred Nowak, professeur en Droit International et Droit de l’Homme et ancien Rapporteur Spécial des NU sur la Torture.  L’étude met en lumière l’ampleur et les conditions de vies des enfants privés de liberté. Elle identifie les bonnes pratiques et formule des recommandations de mesures effectives en vue d’éliminer les violations de droits fondamentaux à l’encontre des enfants en détention, et d’ainsi réduire le nombre d’enfants privés de liberté. Plus d’informations ici.

L’Alliance de Plaidoyer pour les Filles, le programme commun de DEI a défendu les intérêts du Conseil des Droits de l’Homme afin de mettre en avant l’importance d’une éducation sexuelle compréhensive dans sa résolution sur la violence contre les femmes, agissant ainsi comme une stratégie clé dans le traitement des causes profondes de ses violences et l’élimination de ses pratiques dangereuses dont souffrent des millions de filles et de jeunes femmes chaque année.  La Mutilation Génitale Féminine (MGF) est non seulement une pratique dangereuse mais il s’agit également d’une violation flagrante des droits fondamentaux. Des normes sociales nocives et des stéréotypes basés sur le genre, en ce qui concerne la sexualité des jeunes femmes, résident au cœur de la MGF.  Les pressions sociales perpétrées pour le contrôle du corps de ses jeunes femmes et de ses filles, font perpétuer la pratique de la MGF au niveau mondial. 

Bien que l’Assemblée Générale de l’ONU et le Conseil des Droits de l’Homme traitent de la MGF, ils ne la reconnaissent comme une violation des droits fondamentaux des filles et des jeunes femmes et le lien qui existe avec le mariage d’enfants.  C’est pourquoi, l’Alliance a exhorté l’UNHCR de reconnaitre officiellement le lien entre la MGF et le mariage d’enfants et de prendre une position claire et déterminée contre la MGF en conformité avec leur politique de « tolérance zéro ». 

DEI a été l’une des organisations non-gouvernementales à soutenir directement l’élaboration de l’Étude des Nations Unies sur la violence à l’encontre des enfants, laquelle a été finalement adopté en Octobre 2006 par l’Assemblée Générale de l’ONU. L’étude a été effectuée par Paulo Sergio Pinheiro, l’expert indépendant chargé de l’étude des Nation Unies sur la violence à l’encontre des enfants, puis a abouti à la résolution de l’assemblée générale A/RES/62/141 laquelle a permis la création du poste de RSSG VEE. L’étude, à travers ses 12 recommandations générales, souligne la nécessité d’une haute autorité et d’une coopération associée à des mesures de suivi compréhensives afin de mettre en place mais aussi définir l’évolution des recommandations de l’étude. 

De plus, le SI-DEI est un membre actif du Groupe de travail sur les enfants et la violence.  Le groupe a pour objectif de joindre différentes organisations non-gouvernementales avec les organes et mécanismes des droits de l’Homme des Nations Unies, à Genève, dans la lutte pour l’éliminations des violences faites aux enfants et le suivi de la mise en œuvre des Objectifs de Développement Durable (ODD).  L’Objectif 16 des ODD a pour objectif de mettre fin aux violences et « Promouvoir l’avènement de sociétés pacifiques et inclusives aux fins du développement durable, assurer l’accès de tous à la justice et mettre en place, à tous les niveaux, des institutions efficaces, responsables et ouvertes à tous.” D’autres cibles répondent aux formes spécifiques de violence à l’encontre des enfants, tel que le mariage d’enfant et mutilation génitale féminine (Cible 5.3) ainsi que l’éradication du travail des enfants, y compris le recrutement et l’utilisation d’enfants soldats (Cible 8.7). L’éradication des violences faites aux enfants est nécessaire dans la réalisation complète de chacun des objectifs. Le SI-DEI est également membre de Global Partnership to End Violence against Children, le partenariat international pour l’élimination des violences à l’encontre des enfants. 

DCI-Sierra Leone: Mellicentia (17), from Sierra Leone, is determined to improve the future of girls and young women in her country.  “One day, she said she wanted to become a human rights lawyer,” says Mellicentia’s mother, laughing.

Her daughter adds: « Yes, to eventually become the UN Secretary-General.  »

Mellicentia is very active in her community: a poor neighbourhood in Freetown. There, she addresses, for example, the parents of girls who do not go to school, and teenage mothers who think that education is no longer an option for them.

« We give them motivation and inspiration to move on with their lives and to make progress. »

Her mother proudly listens to what her daughter has to say.

“It is every parent’s dream to see his or her child doing what they do best.  For Mellicentia, that is her lobbying work.  And that is urgently needed, because there is a lot of suffering among girls in this country.  Perhaps this is the start of a major change.”

DEI-Sierra Leone : Mellicentia (17ans), originaire de Sierra Leone, est déterminée à améliorer le futur des filles et jeunes femmes de son pays.  « Un jour elle a dit qu’elle voulait devenir Avocate spécialiste des droits de l’homme » nous dit en riant la maman de Mellicentia.  Sa fille ajoute : « Oui, pour un jour devenir Secrétaire Générale de l’ONU. » 

Mellicentia est très active dans sa communauté ; un quartier pauvre de Freetown.  C’est là qu’elle s’adresse, par exemple, aux parents de filles qui ne vont pas à l’école ou aux jeunes mamans qui pensent que l’éducation n’est plus une option pour elles. 

« Nous les motivons et nous les inspirons pour qu’elles continuent d’avancer et qu’elles évoluent. »

Sa maman qui écoute avec fierté ce que sa fille a à dire, nous dit :

« C’est le rêve de chaque parent de voir son enfant faire ce qu’il fait de mieux. Pour Mellicentia, c’est son travail de lobbying. Et c’est indispensable, parce que les filles de ce pays souffrent beaucoup. Peut-être que c’est le début d’un changement considérable. »