LES ENFANTS AFFECTÉS PAR LES CONFLITS ARMES

Le Bureau de la Représentation Spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés (RSSG ECA) rapporte que près de 250 millions d’enfants vivent dans des pays affectés par les conflits. Le rapport des 10 dernières années révèle qu’il y a plus de 170 000 violations graves confirmées par les Nations Unies.

Ces millions d’enfants se voient privés de leur enfance et de leurs droits fondamentaux. En dépit de de la protection qui devrait leur être accordée par le droit international, les conflits les placent en position d’extrême vulnérabilité et les exposent à des risques. Bien trop souvent, ils sont mêlés aux hostilités, tantôt directement en tant qu’enfants soldats, tantôt indirectement en étant délocalisé de force, détenus, tués, mutilés, enlevés, blessés ou exploités. Du fait de la pauvreté, la discrimination ou dans un désire de venger des souffrances passées, les forces gouvernementales, les paramilitaire ou les rebelles recrutent des enfants en dépit de leur âge et de leur sexe.

Les États Parties prennent toutes les mesures possibles pour veiller à ce que les membres de leurs forces armées qui n’ont pas atteint l’âge de 18 ans ne participent pas directement aux hostilités. Les États Parties veillent à ce que les personnes n’ayant pas atteint l’âge de 18 ans ne fassent pas l’objet d’un enrôlement obligatoire dans leurs forces armées. […]

📝 Art 1, 2, 3 du Protocol facultatif à la Convention aux droits de l’enfant, concernant l’implication d’enfants dans les conflits armés

 

Nous sommes convaincus et défendons que chaque enfants en situation de conflit doit pouvoir bénéficier de la mise en œuvre et de la protection complète de ses droits fondamentaux en accord avec  la Convention Relative aux Droits de l’Enfants des Nations Unies ainsi que ses Protocoles Facultatifs (plus particulièrement Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l’enfant, concernant l’implication d’enfants dans les conflits armés) et autres normes internationales pertinentes. Chaque enfant doit également avoir la possibilité de développer son potentiel en tant que membre responsable à part entière de la société, tout particulièrement en vue de devenir un acteur de changement et de paix pendant et après le conflit

Ces instruments juridiques définissent les paramètres de recrutement notamment 18 ans pour le recrutement des force armés tandis que l’âge de participation volontaire est de 16ans. De plus, le recrutement d’enfants de moins de 15 ans au sein de forces armées ou de groupes armés est considéré comme un crime de guerre en vertu du Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI).

En dépits de plusieurs décennies d’attention mondiale attirée sur la question et certes quelques progrès réalisés, les enfants continuent d’être généralement assujettis au fléau du conflit.  Avec la hausse du nombre de conflits nationalement et au-delà des frontières dans plusieurs régions du monde, DEI réitère son engagement à lutter pour le respect des paramètres définis par le droit international pour la protection des enfants face à l’impact dévastateur des conflits armés.

Certains outils majeurs de DEI comportent : Le rapport de 1996 par Graça Machel, “ Impact des conflits armés sur les enfants;”  l’Étude des Nations Unies sur la violence à l’encontre des enfants de 2006; les Objectifs de Développement Durables adoptés en 2015; et, plus récemment,  l’Étude Mondiale sur les Enfants Privés de Liberté. DEI ainsi que ses sections nationales ont été particulièrement actifs en République Centrafricaine afin de soutenir les victimes de viol, mais aussi afin d’assurer la démobilisation et la réintégration d’enfants soldats impliqués dans les régions affectées par le conflit à Bouca et Kaga-Bandoro, en Colombie où le taux d’enfants recrutés continue d’augmenter malgré un accord de paix signé, au Yémen  où à lieu un véritable enfer pour les enfant avec la crise politique actuelle de 2011, et en  Palestine où les enfant sont brutalement placés en détention, tués et mutilés dans le conflit Israélo-palestinien. 

En outre, DEI s’est associés avec des organisation non-gouvernementales telles que Child Rights Connect pour fonder le  Groupe de travail sur les enfants et les conflits armés, et a été élu au titre de co-animateur en 2017 au côté de War Child Holland, et au titre d’animateur depuis 2020. DEI est également un membre associé de Watchlist on Children Affected by Armed Conflict.

L’Étude Mondiale des Nations Unies

DEI travaille étroitement avec la Représentante Spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés (RSSG ECA), Mme Virginia Gamba, au sujet de l’Étude Mondiale sur les Enfants Privés de Liberté et le chapitre au sujet des enfants en situation de conflits armés. Le Secrétariat International de DEI a soutenu le développement de l’Étude Mondiale des Nations Unies (lancées en 2019), et a fait la promotion de sa mise en œuvre, avec d’autres organisations.   

Durant ces 20 dernières années, nous avons travaillé sans relâche pour les enfants dans les conflits armés, tant sur le plan national que régional. 

Les programmes de DEI traitant d’enfants touchés par les conflits comprennent : 

  • La promotion des lois et régulations en accord avec les lois et mécanismes internationaux.
  • Les campagnes de sensibilisation et le développement des outils de renforcement des compétences.
  • La réhabilitation et la réintégration dans les communautés des enfants associés aux forces armée.
  • La collaboration avec les prestataires de services sociaux (éducation, santé) pour les victimes, particulièrement ceux qui ont souffert de violences basées sur le genre, durant les conflits. 
  • L’intégration de programmes à la justice pour enfants, la violence à l’encontre des enfants et les enfants migrants.

L’Étude Mondiale des Nations Unies indique qu’il n’y a pas moins de 16 pays dans le monde où les enfants sont détenus par les autorités dans des contextes de conflit armé, le plus souvent pour leur association présumée à des groupes armées. D’autre part, l’étude révèle la présence de plusieurs cas d’enfants détenus comme otages en raison d’une présumée association de membres de leur famille, de leur religion ou appartenance ethnique, dans l’objectif de leur faire subir de châtiments ou pour l’exploitation sexuelle

Durant et après les conflits armés, des milliers d’enfants se voient dépourvus de leur liberté dans des centres infantiles, des prisons ou des camps. Notamment, dans les contextes de conflits impliquant des groupes armés non-étatiques, désignés comme des terroristes, les gouvernements sont davantage enclins à la détention d’enfants qu’à la réintégration et réhabilitation de ces derniers. Plus d’informations :  Les enfants privés de liberté et l’Étude Mondiale des Nations Unies.

🇵🇸 En Palestine :

T.S a débuté son parcours à l’âge de 13 en tant que défenseuse des droits de l’enfant et membre des équipes de protection de DEI-Palestine. Depuis, elle est devenue un membre actif et hautement visible de l’équipe de protection menée par des enfants, ou elle assure le suivi, documente et participe aux initiatives locales et aux séances de responsabilisation.

Lors de la 15ème Conférence Nationale de l’Enfant, elle a pris la parole pour aborder les violations au droit à l’éducation. Son discours poignant a commencé par ces mots : « En mon nom et au nom de tous les enfants palestiniens, je fais appel à chacun de vous pour la protection de notre éducation et de nos écoles, et pour votre participation à les rendre sûres, agréables et accessibles. Nous exigeons de pouvoir jouir de notre droit à l’éducation, sans barrières ni pensionnaires ».

T.S a également participé, avec d’autres enfants, à l’élaboration des rapports sur le droit à l’éducation. Elle a ensuite présenté les résultats lors de la conférence, en mettant en avant la liberté d’expression dans le secteur éducatif des TPO. Grace à sa participation active, T.S a été nommée représentante des enfants palestiniens au Parlement Arabe des Enfants, en 2019, par le Ministère du Développement Social. 

🇨🇴 En Colombie :

Le gouvernement colombien a été examiné en 2018, lors de l’Examen Périodique Universel (EPU), DEI Colombie a soumis un rapport relatif aux enfants dans les conflits armés. De toutes les recommandations faites pour l’élimination du recrutement d’enfants soldats, huit ont été acceptées et une a été notée.