Les droits de l’enfant en Palestine : preuves, responsabilité et action à la 62e session du Conseil des droits de l’homme

“Nous nous réunissons à un moment qui exige une clarté morale et un courage institutionnel.” – M. Kamarotos, directeur exécutif de Défense des Enfants International 

 

Le 25 juin 2026, Défense des Enfants International (DEI) a organisé un événement parallèle lors de la 62e session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, intitulé “Les droits des enfants en Palestine menacés: preuves et responsabilité dans le cadre d’un dialogue centré sur l’enfant avec la Commission d’enquête des Nations unies.”  

 

La discussion a porté sur les conclusions de la Commission d’enquête des Nations unies sur le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et Israël (la Commission), présentées dans son dernier rapport intitulé “L’essence même de l’enfance a été détruite”: le ciblage délibéré par Israël des enfants palestiniens dans le territoire palestinien occupé depuis le 7 octobre 2023.  

 

La table ronde réunissait les trois membres de la Commission, à savoir son président, M. Srinivasan Muralidhar, Mme Florence Mumba et M. Chris Sidoti, ainsi que la Dre. Tlaleng Mofokeng, rapporteuse spéciale des Nations unies sur le droit à la santé. La discussion était animée par le directeur exécutif de Défense des Enfants International, M. Alex Kamarotos.  

 

Tout au long de la discussion, les commissaires ont évoqué le processus de documentation des violations commises à l’encontre des enfants palestiniens et ont expliqué comment les témoignages d’enfants, les preuves médicales, les images satellites et les récits de témoins avaient étayé les conclusions de la Commission. Leurs exposés ont mis en évidence le rôle central joué par les expériences vécues par les enfants pour comprendre les conséquences humanitaires et juridiques plus larges du conflit.  

 

En présentant les conclusions du rapport, les commissaires ont noté qu’entre le 7 octobre 2023 et le 7 octobre 2025, au moins 20,179 enfants palestiniens ont été tués et 44,143 blessés en conséquence directe des hostilités à Gaza. De nombreux autres enfants ont perdu la vie en raison des conséquences indirectes des politiques israéliennes, notamment la privation forcée de nourriture, les déplacements forcés et le refus d’accorder une aide médicale.  

 

Les intervenants ont souligné que ces chiffres représentent bien plus que de simples statistiques. Ils reflètent la destruction généralisée de l’enfance, de la vie familiale, de l’éducation, des soins de santé et des systèmes de protection dont dépendent les enfants, avec des conséquences qui continueront d’affecter les générations futures.  

 

Le président de la Commission, M. Muralidhar, a déclaré que “les autorités israéliennes et les forces de sécurité israéliennes ont délibérément pris pour cible et tué des enfants palestiniens et détruit leur enfance, ce qui a constitué un génocide, des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre dans la bande de Gaza, ainsi que des crimes de guerre en Cisjordanie.” 

 

Les commissaires ont affirmé que le gouvernement israélien avait planifié de manière systématique et délibérée ses attaques contre les enfants palestiniens. Ils ont mis en avant des preuves montrant que des enfants avaient été délibérément pris pour cible, que des armes à fort impact avaient été utilisées contre des zones civiles et des camps de déplacés, que des orphelinats avaient été attaqués, et que la violence des colons avait contribué à faciliter l’expansion des colonies et le déplacement forcé des Palestiniens.  

 

Ils ont également décrit les conséquences humanitaires des restrictions imposées par Israël, notamment l’entrave à l’aide humanitaire, le déni d’accès à l’éducation et aux soins de santé, la privation de liberté des enfants, la privation de nourriture conduisant à la famine, ainsi que des cas avérés de violences sexuelles et d’humiliations commises à l’encontre d’enfants palestiniens.  

 

“Les enfants constituent la continuité sociale et biologique du peuple palestinien… Et les frapper aura un impact maximal”, a commenté M. Muralidhar.  

 

S’appuyant sur les conclusions de la Commission, le Dr Tlaleng Mofokeng a examiné la crise sous l’angle du droit à la santé, soulignant comment les attaques contre les hôpitaux, le personnel de santé et les infrastructures médicales aggravent les souffrances endurées par les enfants et leurs familles.  

 

La Dre. Mofokeng a fait remarquer que ce génocide relève de ce qu’elle appelle le “médicide”. “Même ceux qui survivent aux premières attaques ne disposent d’aucun système de santé complet, véritablement capable de leur fournir les soins nécessaires pour qu’ils puissent ensuite survivre. Et c’est là la définition même d’un génocide et d’un nettoyage ethnique.”  

 

Au-delà de la documentation des violations, les intervenants ont souligné que la responsabilisation reste essentielle pour prévenir de nouveaux abus. Le rapport de la Commission a formulé des recommandations concrètes et pratiques à l’intention de l’État d’Israël, des Nations unies et du procureur de la Cour pénale internationale.

 

Sidoti a déclaré : “Des mesures devraient être prises pour mettre fin à tout soutien, quel qu’il soit, à l’armée israélienne et à l’industrie de l’armement israélienne. Conformément à la décision de la Cour internationale de justice, aucune action ne devrait, d’aucune manière, confirmer l’existence de colonies en Palestine, ce qui implique de rompre toute forme de relation financière avec les colonies susceptible de contribuer, de quelque manière que ce soit, à leur viabilité économique. Les États doivent être tenus responsables de leurs actions et de leur inaction.”  

 

La discussion s’est conclue par un rappel : le fait même de documenter les violations constitue un acte de protection. La conservation des preuves et la mise en avant des témoignages des survivants restent essentielles pour les futurs efforts visant à établir les responsabilités. 

 

Mme Mumba a clairement souligné l’impact des témoignages, en citant des exemples allant des Balkans au Cambodge. “La justice peut sembler lointaine, mais elle finit par arriver… Ceux d’entre vous qui recueillent des preuves doivent continuer à le faire, car ce dont les tribunaux ont besoin, ce sont des preuves crédibles.”  

 

La Dre. Mofokeng a fait remarquer que “le système de violence impérialiste fonctionne comme prévu, c’est-à-dire pour terroriser la population, faire des exemples de ceux qui osent s’exprimer et continuer à s’en prendre aux personnes qui réclament justice.” 

 

Cet événement parallèle a souligné la nécessité urgente et non négociable d’une action internationale soutenue pour protéger les enfants palestiniens et garantir que les auteurs de violations graves du droit international humanitaire, du droit international des droits de l’homme et du droit pénal international répondent de leurs actes.  

 

Les participants ont appelé toutes les parties prenantes, États membres, organes des Nations unies et société civile, à donner suite sans délai aux recommandations détaillées et ciblées formulées à la fin de ce rapport historique de la Commission d’enquête.  

Regardez l'événement

Regardez la vidéo diffusée lors de l’événement parallèle, qui présente le témoignage d’un garçon palestinien de 13 ans dont l’expérience reflète l’impact dévastateur du conflit sur les enfants (en anglais) :

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