Justice pour les enfants, justice avec les enfants

Un groupe de travail lors des célébrations du 30e anniversaire de la Convention relative aux droits de l’enfant.

© DCI / 1st session with a panel composed of Ambassador Elisabeth Tichy, Ambassador Socorro Flores Liera and Prof Ann Skelton

Alors que nous célébrions le 30e anniversaire de la Convention relative aux droits de l’enfant, quelques mois après un appel mondial à l’action pour la justice pour les enfants, la justice pour tous dans le contexte de l’ODD 16+, lancé en juin et approuvé par plusieurs organisations internationales, intergouvernementales et non-gouvernementales, une multitude de défis se posent pour atteindre les cibles de l’ODD 16+. L’événement « Justice pour les enfants, justice avec les enfants» a été organisé pour discuter de l’un des défis les plus cruciaux: la création de conditions clés pour la participation des enfants dans le système judiciaire.

L’événement a consisté en deux sessions principales et s’est conclu par une session interactive en petits groupes afin de permettre au panéliste et au public d’exprimer leurs opinions sur cette question. 

Un premier panel distingué composé de: l’Ambassadrice Elisabeth Tichy-Fisslberger (Représentante permanente de l’Autriche auprès des Nations Unies à Genève), le Prof Ann Skelton (Membre du Comité des droits de l’enfant des Nations Unies), l’Ambassadeur Socorro Flores Liera (Représentant permanent de Mexique à l’ONU à Genève) ont ouvert la session. Au cours de ce débat, les trois éminents panélistes ont souligné avec force que, malgré les développements substantiels qui ont été réalisés dans de nombreux domaines concernant les droits de l’enfant au cours des trente années qui ont suivi l’adoption de la Convention, moins de progrès ont été réalisés en ce qui concerne les droits de l’enfant en relation avec le système judiciaire. En outre, les intervenants ont souligné certains des défis les plus persistants concernant les enfants dans le système judiciaire, tels que: la surutilisation persistante de la privation de liberté pour les enfants, l’âge minimum inacceptable de la responsabilité pénale dans certains pays, le manque de mesures de justice adaptées aux besoins des enfants et le manque d’alternatives à la détention.

© DCI / Intervention of Saadia, a 12-year-old human rights defender from Morocco and one of the laureates of the DCI Children Award 2019

La première session s’est conclue par l’intervention de Saadia, une défenseuse des droits humains du Maroc âgée de 12 ans et l’une des lauréates du Prix des Droits des Enfants DEI 2019. La jeune militante des droits humains a eu l’occasion unique de présenter son projet réalisé en collaboration avec un groupe des enfants en coopération avec DEI-Maroc / Bayti, intitulé «Pour une justice adaptée aux enfants». Ce court métrage s’est vu décerner à l’unanimité par le Jury International le premier prix et consistait en une vidéo d’animation expliquant les luttes des enfants au sein et autour du système judiciaire. De plus, le message inspirant, profond et significatif de Saadia a été délivré dès qu’elle s’est présentée au public: «Je suis ici pour parler au nom de tous les enfants du monde qui ont besoin de justice. Il est de la responsabilité et du devoir des États de les protéger et de garantir leurs droits fondamentaux, plutôt que de les punir ».

La deuxième session, avec d’autres intervenants, s’est concentrée sur un débat interactif sur la thématique suivante : l’autonomisation à une époque de participation (dans le contexte de la justice). Au cours de ce débat, le président du Mouvement DEI, M. Abdul Manaff Kemokai, a souligné les différents défis concernant la mise en œuvre de pratiques de justice adaptées aux enfants, du point de vue africain.

Le débat s’est poursuivi sur les questions prioritaires qui doivent être satisfaites et mises en œuvre pour parvenir à un changement significatif des pratiques adaptées aux enfants dans le contexte du système judiciaire. À cet égard, comme l’a souligné Mme Taghreed Jaber (directrice régionale de Penal Reform International – MENA), «ce qui compte vraiment pour donner un résultat efficace à tout type d’approche ou de mécanisme est d’assurer son institutionnalisation (au sein de l’État et du cadre gouvernemental).

Mme Nantina Tsekeri, directrice de DEI-Grèce, est intervenue lors du débat sur la justice pour les enfants dans le contexte de la migration et de l’accès à la justice, partageant une histoire vraie d’un jeune garçon afghan qui, au cours de sa courte vie, avait déjà traversé plusieurs épreuves lorsqu’il a décidé de quitter son pays en raison de son expérience de la violence de masse contre lui.

© DCI / 2nd session with a panel composed of Ms Nantina Tsekeri, DCI President Mr Abdul Manaff Kemokai and Ms Taghreed Jaber among the experts