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Un financement nécessaire pour l’Étude Mondiale des Nations Unies sur les Enfants Privés de Liberté: une lettre ouverte aux Nations Unies et aux États membres

Lettre ouverte adressée aux Nations Unies, aux institutions des Nations Unies et aux États Membres


Nous écrivons au nom d’un réseau de près de 140 organisations non gouvernementales du monde entier pour exhorter tous les gouvernements à répondre au récent appel de financement des Nations Unies pour soutenir l’Étude Mondiale sur les Enfants Privés de Liberté. L’Assemblée générale des Nations Unies a demandé à ce que le Secrétaire Général commissionne cette étude, le Professeur Manfred Nowak a été nommé expert indépendant pour mener sa mise en œuvre, mais l’ensemble du processus est maintenant menacé par des financements insuffisants.

Pour cette raison, nous exhortons tous les États membres de l’ONU à fournir un soutien financier indispensable à l’Étude et souhaitons souligner trois principaux arguments expliquant pourquoi un tel soutien est essentiel :


1. L’Étude est un outil pour aider les États membres à s’acquitter de leurs obligations en vertu du droit international et à réaliser les objectifs de l’Agenda pour le développement durable de 2030


Les objectifs du développement durable s’engagent à ce que personne ne soit laissé-pour-compte.

Pourtant, cet engagement ne peut être atteint si les enfants privés de liberté ne sont pas pris en compte. Nous ne savons pas combien d’enfants sont détenus dans le monde entier et sans avoir cette information basique, il est impossible de répondre à leurs besoins. Les enfants privés de liberté sont plus susceptibles de devenir victimes de violence et d’exploitation et ne jouissent généralement pas de leurs droits à l’éducation, aux soins de santé et à l’accès à la justice. Ces enfants devraient être considérés, à juste titre, comme des laissés-pour-compte.

La réalisation de la vision ambitieuse définie par les ODD exige que tous les enfants, en particulier ceux qui vivent en dehors de leur environnement familial, soient pris en compte et que leurs situations soient examinées.


2. L’Étude sera un catalyseur du changement et une étape importante dans le développement d’alternatives à la détention des enfants

 


Comme les deux études antérieures de l’ONU sur les enfants, l’Étude de 1996 sur les enfants et les conflits armés dirigée par Graça Machel et l’Étude de 2006 sur la violence à l’égard des enfants menée par Paulo Sérgio Pinheiro, l’Étude de l’ONU sur les Enfants Privés de Liberté a le potentiel d’exposer à l’échelle mondiale les problèmes critiques liés à la privation de liberté des enfants et à inciter des réformes nationales et globales de grande envergure.

L’étude est un outil qui fournira des recommandations concrètes au niveau des lois, des politiques et des pratiques, aux États membres sur toutes les formes de privation de liberté. La réalisation de cette étude n’a pas besoin d’un mandat permanent pour établir les résultats dans un impact durable. Le suivi peut être intégré dans les mandats existants des agences onusiennes qui travaillent déjà sur les différents aspects et formes de privation de liberté à l’encontre des enfants.

Trop d’enfants sont inutilement privés de leur liberté, causant des dommages conséquents. Cette étude présentera des solutions pratiques et efficaces pour mieux traiter les enfants.


3. À long terme, investir dans l’Étude et dans des solutions alternatives à la détention entraînera d’importantes économies et de nombreux avantages sociétaux

 

Il y a un coût pour l’Étude, mais cela peut être compensé par d’énormes avantages sociétaux et financiers. Des études ont montré que la réduction du nombre d’enfants privés de liberté peut entraîner des niveaux d’éducation plus élevés, de meilleurs moyens de subsistance, des taux de criminalité plus faibles et des communautés en meilleure santé. Réduire les enfants en détention peut également apporter des avantages financiers substantiels aux États : le développement de mesures efficaces non privatives de liberté est moins coûteux que d’investir dans des établissements de détention. Par conséquent, nous appelons vos Excellences à répondre à l’appel de financement des Nations Unies pour l’Étude Mondiale sur les Enfants Privés de Liberté. Les contributions individuelles des Etats ne doivent pas être conséquentes pour rendre l’Etude possible. De petites contributions d’un grand nombre d’Etats suffiront à faire de l’Etude une réalité.


Téléchargez la lettre en format PDF


Visitez le site web du panel des ONG pour l’Etude Mondiale

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