Des enfants derrière les barreaux font entendre leurs voix grâce au rap

Le 18 novembre, à l’occasion des célébrations du 30ème anniversaire de la Convention internationale des Droits de l’enfant (CIDE) et des 40 ans de lutte pour les droits de l’enfant de Défense des Enfants International (DEI), DEI a organisé la projection du film documentaire « Voix de l’intérieur », produit par DEI-Italie, et un débat sur les enfants privés de liberté au Club Suisse de la presse de Genève. Des enfants derrière les barreaux des prisons italiennes ont choisi le rap comme moyen d’expression pour faire entendre leurs voix aux experts, militants et défenseurs des droits de l’enfant. Cet événement s’est produit la veille de la première présentation publique de l’étude mondiale des Nations Unies sur les enfants privés de liberté ; étude qui représente l’aboutissement de cinq années de travail de DEI, de la société civile et des multiples parties prenantes et contributeurs.

Le panel de personnalités présentes à l’événement était composé de Dr. Najat Maalla M’jid (Représentante spéciale chargée de la question de la violence à l’encontre des enfants), Madame Meskerem Geset Techane (Présidente du Groupe de travail sur les discriminations à l’égard des femmes et des filles), la Professeure Anne Skelton (membre du Comité des Nations Unies sur les Droits de l’enfant), Monsieur Pippo Costella (Directeur de DEI-Italie) et de Monsieur Alex Kamarotos (Directeur exécutif de DEI). Ils ont fait part de leurs réflexions, visions et bilans sur la thématique des enfants privés de liberté en lien avec le lancement de l’étude.

Le film produit par DEI-Italie est une plateforme d’expression libre pour les enfants. En phase avec les thèmes de l’étude, le documentaire expose les points de vue des enfants directement concernés sur les effets de la détention. En composant la bande son et en écrivant leurs histoires, les enfants décrivent de manière artistique le cercle vicieux dans lequel ils se trouvent.

La discussion a débuté avec l’intervention du Dr. Najat Maalla M’jid qui a souligné toute l’importance de l’étude mondiale sur les enfants privés de liberté en ce qu’elle « a réussi à mettre en lumière et prendre en compte toutes les formes de privation de liberté ». Dr. Najat Maalla M’jid a insisté sur le rôle essentiel de son service dans le suivi et la mise en œuvre des recommandations de l’étude : «  Dans le cadre de mon mandat je suis chargée du plaidoyer mondial, et il est important de rassembler toutes les principales parties prenantes aux niveaux international, régional et national, de manière à produire une synergie complémentaire qui ait un impact positif sur la situation des enfants privés de liberté à travers le monde. »

Madame Meskerem Geset Techane a détaillé sa contribution qui s’est centrée sur les questions liées au genre que soulève l’étude. La Présidente du groupe de travail sur les discriminations à l’égard des femmes et des filles a en particulier apporté de nombreuses informations sur les différentes formes et les différents contextes de privation de liberté touchant les femmes et les filles. Elle a ainsi déclaré : « notre contribution à l’étude mondiale s’est focalisée sur les causes liées au genre qui font basculer les femmes et les filles dans différentes formes de privation de liberté ».

La professeure Ann Skelton a elle souligné l’importance de l’étude sur les enfants privés de liberté en ce qu’elle reprend différents articles de la Convention relative aux droits de l’enfant tout en fournissant des recommandations détaillées. Elle a souligné le rôle potentiel de l’étude comme outil « pour inciter les états à fournir plus d’informations sur une série de questions qui touchent les enfants privés de liberté ». La Prof. Skelton, faisant le lien avec son mandat de membre du Comité des Nations Unies sur les droits de l’enfant, a également évoqué le 3ème Protocole optionnel de la Convention sur les plaintes individuelles et la possibilité d’utiliser cet instrument juridique dans le contexte de la privation de liberté et comme outil pour rendre compte de la situation des enfants souvent privés d’un grand nombre de leurs droits, en plus de la privation de liberté.

La Seconde partie de l’événement était consacrée à la projection du film documentaire Voix de l’intérieur, produit par DEI – Italie. Le film montre des enfants derrière les barreaux dans les centres de détention pour enfants de Turin et Bari (Italie) qui utilisent le rap comme moyen d’expression pour exposer leurs luttes en tant que jeunes privés de liberté. Monsieur Pippo Costella, a indiqué que le but réel du documentaire était « de créer un espace et un langage propices pour rencontrer les enfants détenus afin d’essayer de vraiment comprendre ce qu’ils ont à dire au monde extérieur ».