DEI Grèce appelle l’UE à secourir les mineurs non accompagnés du camp de Moria

(c) DCI Greece / Moria Camp

Plus de 800 mineurs non-accompagnés vivent actuellement dans le camp déjà surpeuplé de Moria. Ils vivent dans des conditions dangereuses pour leur santé et leur protection en général. Une augmentation systématique du nombre de mineurs non-accompagnés accueillis dans le camp de Moria a été observée au cours du dernier mois.

Le manque d’espace et le surpeuplement obligent ces mineurs à dormir à même le sol dans des conditions inacceptables. Ils n’ont pas accès aux soins médicaux et psychosociaux alors qu’ils sont exposés à de graves dangers pour leur santé physique et mentale. Le tragique incident récent rapportant le meurtre de et de graves blessures sur des mineurs non accompagnés par un autre mineur non accompagné dans la “zone sécurisée” du camp de Moria  ne peut que confirmer les effets dévastateurs qu’a l’abandon à des conditions de vie inhumaines de mineurs non accompagnés. L’incapacité systématique à répondre aux besoins de ces enfants associée à leur exposition aux conditions de vie existantes dans différentes parties du camp de Moria ne peut qu’aggraver leur état psychologique déjà instable et augmenter le risque de déclencher des manifestations de désespoir additionnelles.

Le manque d’effectif au sein des services de KEEPLNO a pour conséquence que les mineurs non accompagnés sont seulement pré-enregistrés et ne sont pas en mesure de procéder à leur inscription complète auprès du Bureau  de l’asile. Cette situation a des effets néfastes à la fois sur l’évolution de leur placement dans des abris appropriés sur le continent et sur leur regroupement familial conformément aux procédures de Dublin III, étant donné que la plupart des Etats membres de l’Union européenne acceptant les demandes de regroupement familial dans un délai de trois mois à partir de la date de pré-enregistrement.

Il est évident que la situation actuelle constitue une violation du cadre juridique international national, européen et international qui reconnaît que les enfants migrants bénéficient du droit absolu de pouvoir profiter de leur enfance dans un environnement protecteur, bienveillant et sécurisé. Plus particulièrement, en ce qui concerne les enfants migrants non accompagnés, les Etats membres de l’Union européenne ont reconnu leur vulnérabilité extrême et se sont engagés à les protéger de manière concrète, en s’assurant que leur vulnérabilité ne les prive pas de la vie digne à laquelle ils ont droit.

La réalité est que les enfants sont victimes des politiques d’immigration européennes qui pendant leur mise en oeuvre ont facilité de telles terribles conditions de vie dans les îles grecques. Le soi-disant accord UE-Turquie a piégé des milliers de personnes, et parmi elles, des centaines de mineurs non-accompagnés dans l’environnement à risque du camp de Moria.

Nous exhortons les Etats membres de l’UE à prendre immédiatement les mesures nécessaires pour sauver les mineurs non-accompagnés du camp de Moria, en accélérant les procédures de regroupement familial, en les transférant dans d’autres Etats de l’Union européenne et en adoptant des mesures globales visant à une répartition équitable de la responsabilité européenne à l’égard des personnes ayant besoin d’une protection internationale.

Entretemps, nous exhortons les autorités grecques à donner la priorité au transfert d’enfants non-accompagnés vers des abris convenables sur le continent tout en procédant à la creation de nouveaux abris.  Dans le même temps, nous demandons que les services d’aide sociale et de santé publique soient renforcés sur l’île de Lesbos et sur le continent.

L’absence de solution adéquate ainsi que des retards éventuels dans la gestion de la situation critique actuelle augmentent le risque de comportements transgressifs pouvant entraîner de graves dangers pour leur vie.  

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